Yoann Richomme – « La première étape me plaît bien ! »

Yoann Richomme – « La première étape me plaît bien ! »

01 juin 2019

Les 47 concurrents de la 50e édition de la Solitaire URGO Le Figaro quitteront Nantes demain matin, à 8h15, pour entamer leur parade nautique jusqu’à Saint-Nazaire. Le départ de la première étape sera donné à 16h25, devant Pornichet. Yoann Richomme, le skipper de Hellowork – Groupe Télégramme, analyse ce premier test, qui les conduira à Kinsale

« Ca me rappelle de bons souvenirs« 

La première étape, longue de 550 milles, mènera les figaristes jusqu’en Irlande. Il faudra compter environ quatre jours de navigation entre Pornichet et Kinsale. Une arrivée qui ne laisse pas Yoann Richomme indifférent : « la première fois que je suis allé à Kinsale, c’était en 2010, lors de ma 1e participation à la Solitaire. C’est drôle d’y retourner cette année. Ça me rappelle de bons souvenirs ».

Si ce n’est pas l’étape la plus longue, c’est celle qui proposera un parcours le plus typé « large » des quatre qui composent la Solitaire URGO Le Figaro, avec un long bord entre l’île d’Yeu et Kinsale. Yoann Richomme s’en réjouit : « Le parcours de la 1e étape est orienté très large. Ca va être sympa car le bateau s’y prête bien et c’est un exercice que j’apprécie ».

« Le nouveau Figaro Beneteau 3 est exigeant« 

Yoann pourra également compter sur l’expérience qu’il a accumulée lors de ses 7 participations précédentes à la Solitaire, conclues par une victoire en 2016. La maîtrise des gros bateaux sera également un plus : « le nouveau Figaro Beneteau 3 est exigeant. Il demande un certain engagement pour le faire marcher correctement ». Le skipper de Hellowork – Groupe le Télégramme a navigué en IMOCA en 2017 avant de se tourner vers le Class40 en 2018 et de s’imposer sur la Route du Rhum – Destination Guadeloupe l’an dernier.

Yoann Richomme semble avoir le profil pour prétendre à un bon résultat sur cette 50e édition, mais il préfère rester humble : « avec le niveau cette année, 10 ou 20 skippers peuvent s’imposer. Si j’arrive à faire un Top 10 avec la manière, ce sera déjà un très beau résultat ».

Yoann Richomme remplace Charles Caudrelier à la barre du Figaro 3 Le Hub by OC Sport

Yoann Richomme remplace Charles Caudrelier à la barre du Figaro 3 Le Hub by OC Sport

25 avril 2019

Le départ de l’un fait le bonheur de l’autre… Charles Caudrelier parti chez Gitana, la barre du Figaro 3 «Le Hub by OC Sport – Groupe Télégramme » était donc libre. Yoann Richomme, vainqueur de la Solitaire Urgo – du Figaro 2016, a été retenu. A 35 ans, Richomme, également vainqueur de la Route du Rhum 2018 en Class40, sera en octobre prochain au départ de la Transat Jacques Vabre sur le 60 pieds Imoca «Groupe Apicil» de Damien Seguin.

« Avec Yoann, l’histoire se répète un peu, explique Charles Caudrelier. J’étais l’un des premiers à croire en Yoann Richomme. Je me souviens qu’il y avait des gens qui ne comprenaient pas pourquoi je lui avais prêté mon Figaro 2. Je le connaissais, je savais qu’il avait du talent. Il l’a prouvé ensuite très rapidement. Yoann a un très bel avenir devant lui. Il rêve de Vendée Globe et je suis certain qu’OC Sport arrivera à le porter jusque-là ».

Richomme a passé sept saisons sur le circuit Figaro, de 2010 à 2016, année où, sous les couleurs de Macif, il a remporté la Solitaire du Figaro. Richomme, c’est aussi une arrivée remarquée en Class40 : première course sur la Drheam Cup et première victoire en 2018, année où il remporte haut la main la Route du Rhum – Destination Guadeloupe sur le monocoque 40 pieds en seulement 16 jours et 3 h. Richomme enfin fut responsable de la commission jauge et sécurité de la classe Figaro Bénéteau. Bref, sur la 50e édition de la Solitaire Urgo Le Figaro en juin prochain, Yoann Richomme se présente déjà comme un sacré client.

Yoann Richomme : « Je suis honoré de prendre la suite de Charles Caudrelier, même si je sais que ce ne sont pas des bottes faciles à chausser ! Pour la petite histoire, c’est la deuxième fois qu’il me passe la barre d’un de ses bateaux. En 2010, pour ma première participation à La Solitaire, il avait déjà eu la gentillesse de me prêter son Figaro ! Pour cette nouvelle saison, je suis ravi d’intégrer une structure qui correspond à la manière dont je vois la course au large et qui va me permettre d’échanger avec des marins comme Fabien Delahaye et Benjamin Schwartz. J’ai passé l’hiver à naviguer sur ce nouveau support et l’envie de revenir sur cette Solitaire qui s’annonce exceptionnelle était vraiment là. Cette opportunité qui se présente est une vraie chance. Je sais que je vais m’aligner dans des conditions optimales ».

© Le Télégramme

Duos de choc 100 % Macif sur la Sardinha Cup !

Duos de choc 100 % Macif sur la Sardinha Cup !

26 février 2019

Première des cinq épreuves du Championnat de France Elite de Course au Large, la Sardinha Cup est un véritable galop d’essai pour les skippers Macif, à peine 2 mois après avoir reçu leurs nouveaux Figaro Bénéteau 3. Pour l’occasion, Martin Le Pape et Pierre Quiroga ont décidé de faire appel à deux excellents navigateurs issus du programme Skipper Macif pour unir leurs compétences : Charlie Dalin et Yoann Richomme !

Talents 100% Macif

Filière d’accompagnement de jeunes skippers en course au large, le programme Skipper Macif est devenu un véritable vivier de talents.

Sélectionné en 2014, Yoann Richomme a couru 3 ans sous les couleurs MACIF sur le circuit Figaro. Son parcours au sein du programme est une réelle ascension puisqu’il remporte la Solitaire du Figaro en 2016. Il évolue désormais en Class 40 et, s’est octroyé une magnifique victoire sur la Route du Rhum – Destination Guadeloupe 2018.

Pierre Quiroga (Skipper Macif 2019) explique pourquoi il a fait appel à Yoann pour cette épreuve : « Mon choix s’est porté sur Yoann principalement pour ses qualités humaines, en plus d’être un skipper de talent, très expérimenté. Nous nous entendons bien, on avance dans le même sens et je trouve ça très important dans la phase de découverte dans laquelle nous sommes. Nous inversons constamment les rôles à bord et notre mode de fonctionnement se dessine doucement ; moi plutôt à la barre et lui davantage à la tactique. »

Yoann Richomme, co-skipper de Pierre Quiroga : « Je connais bien Pierre pour avoir régaté contre lui sur le circuit. Je savais que l’on s’entendrait bien sur un bateau : nous avons une approche similaire dans notre façon de naviguer. Depuis le début des stages, nous progressons de jour en jour et c’est de bon augure pour la suite. Et de mon côté, je suis ravi de pouvoir participer à la 1e course du Figaro Bénéteau 3 ! »

La course en détail :

Au départ de Saint Gilles Croix de Vie, les deux équipages Skipper Macif s’élanceront le samedi 30 mars sur le 1e Acte : la Vendée Warm Up, un parcours de 120 à 200 milles nautiques entre le Pays de Saint Gilles, l’île d’Yeu et l’estuaire de la Gironde. L’arrivée est prévue le lendemain à Saint-Gilles-Croix-de-Vie.

Le mardi 2 avril, les concurrents s’élanceront sur la Grande Course n°1 pour une boucle pouvant aller jusqu’à 800 milles nautiques, soit au moins deux nuits en mer sur ces nouveaux Figaro Bénéteau 3.

Après quelques jours de repos, Pierre, Yoann, Martin et Charlie s’engageront sur l’Acte 3 le mardi 9 avril, pour une boucle un peu plus courte que la précédente, environ 500 milles nautiques. Le vainqueur de cette première édition sera célébré autour jeudi 11 avril.

« Content que l’histoire se termine comme je l’espérais »

« Content que l’histoire se termine comme je l’espérais »

20 novembre 2018

En s’engageant dans la 11e édition de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, Yoann Richomme avait d’office annoncé la couleur : il venait pour gagner et rien d’autre. Le skipper de Veedol – AIC a donc remporté son pari, ce jeudi. A 17h22 (heure de Paris), il a en effet franchi en vainqueur la ligne d’arrivée à Pointe-à-Pitre après avoir fait preuve d’audace mais aussi et surtout de beaucoup de maîtrise, en témoigne sa trajectoire quasi parfaite, notamment lors de la première semaine de course, qui lui a permis de n’avoir, ensuite, plus qu’à gérer son avance. Et quelle avance ! De fait, alors que l’on s’attendait à ce que la première place chez les Class40 se joue à la photo finish, le navigateur s’est imposé avec un matelas de 120 milles sur ses poursuivants les plus proches, s’octroyant au passage le nouveau temps de référence de l’épreuve dans sa catégorie (16 heures, 3 jours, 22 minutes et 44 secondes). Voilà ce que l’on appelle une sacrée performance. Un franc succès même, surtout si l’on se souvient que sa monture n’a été mise à l’eau qu’en juin dernier et qu’il ne s’agissait là que de sa première participation à la transat mythique. Entretien à chaud.

Que ressentez-vous dans l’immédiat ?

« Ce que l’on ressent dans ces moments-là, c’est toujours un peu bizarre mais évidemment, je suis très content que l’histoire se termine comme je l’espérais. A 24 heures de l’arrivée, j’ai pourtant eu un peu de casse. J’ai, en effet, pété mon bout dehors. Bien que ce ne soit pas une avarie très grave, ça m’a tout de même mis un petit coup de stress. Ca m’a clairement prouvé que j’avais bien fait de gérer ma course et de ne pas attaquer trop tôt car le bateau n’était quand même pas au top en termes de préparation. Il faut dire que le temps depuis juin est passé vite, surtout avec le démâtage qui j’ai subi dans la foulée de ma victoire dans la Drheam Cup. J’ai souvent senti que j’étais un peu limite à deux ou trois endroits, même si je n’avais pas anticipé le problème de bout dehors. C’est d’ailleurs pourquoi j’ai constamment dosé. Constamment, constamment. En tous les cas, ce qui est certain, c’est que le Lift40 est une machine dotée d’un énorme potentiel et qu’il est très solide. A ce sujet, je tire d’ailleurs mon chapeau à l’architecte et au constructeur. Je ne regrette pas mon choix ».

Sur quoi avez-vous le sentiment d’avoir vraiment fait la différence ?

« C’est clairement avec la stratégie que j’ai mise en place lors de deux premiers jours de course, en me décalant dans l’ouest, c’est-à-dire en acceptant d’aller chercher le gros temps plutôt que d’essayer de le fuir. A partir de ce moment-là, je me suis toujours retrouvé dans une meilleure position que les autres car non seulement j’ai été le premier à bénéficier de la bascule du vent au nord-ouest mais en plus j’ai pu exploiter tout le potentiel du bateau au reaching jusqu’à ce que l’on passe sous l’anticyclone des Açores. Pendant quatre ou cinq jours, j’ai vraiment navigué en mode Figariste en étant à fond sur les veilles, les petits sommeils, les réglages… Cela m’a permis d’accélérer franchement. La preuve, lors de cette phase, j’ai réussi à toujours avancer entre un et deux nœuds plus vite que mes concurrents. Je me suis alors vraiment retrouvé dans le scénario que j’avais mis au point juste avant le départ avec Corentin Douguet et ça a vraiment le moment clé de ma course. »

Avez-vous trouvé cette transat très engagée ?

« Clairement. Au niveau de la météo, ça a été dur c’est vrai, mais en réalité, ce que j’ai trouvé le plus difficile, c’est la vie à bord. Avec mon timing un peu court de préparation, je n’ai pas pris le temps de soigner le confort et franchement, ça a été juste un enfer. Lorsque je suis arrivé sous le vent de la Guadeloupe, j’ai carrément ressenti du soulagement après deux semaines de bruit en permanence. Très souvent, j’ai navigué avec un casque anti-bruit mais j’ai aussi dû absorber les bonds à répétitions du bateau dans tous les sens. Ça a été hyper dur de dormir et par moment, j’ai trouvé que c’était à la limite de la torture. Je pense que j’ai été confronté à la même chose que ce que vivent les gars sur les derniers IMOCA. Le plaisir a, je dois l’avouer, été assez limité surtout que je n’ai pas beaucoup eu de bagarre avec les autres. Stratégiquement, ma course était intéressante parce qu’il fallait que je me place par rapport à eux mais je pense franchement que Phil Sharp et Aymeric Chappellier ont fait une régate plus intéressante que la mienne ».

Que ce soit dans vos choix techniques ou dans vos choix stratégiques, vous n’êtes pas loin du sans-faute…

« Ce n’est pas à moi de dire ça mais en tous les cas, je suis content de ce que j’ai fait, même si j’ai commis deux ou trois petites bourdes. J’ai vraiment senti que je pouvais me reposer sur l’expérience de mes précédentes transats et notamment sur celle réalisée en IMOCA. Mon année 2017 en 60 pieds m’a vachement aidé. Ce qui m’a toutefois le plus étonné, c’est d’avoir eu le sentiment d’être systématiquement bien en phase avec les systèmes, d’être serein dans mes choix… En fait, j’ai ressenti ce que j’avais ressenti lors de la Solitaire du Figaro 2016 que j’ai aussi gagnée et c’était top. »

Pour vous, on imagine que cette Route du Rhum peut servir de tremplin…

« En tous les cas, je l’espère. L’objectif, c’était de la gagner. A présent, je ne sais pas qui voudra bien me suivre dans une autre aventure, plus grande, plus grosse, plus longue… J’ai forcément envie qu’il sorte quelque chose de positif de cette expérience et de ce beau résultat, que ce soit en Class40, en IMOCA ou sur un autre support, mais dans l’immédiat, j’avoue que j’ai besoin de faire un bon break parce que je suis vraiment cramé. Ça a vraiment été intense. »

Dernière ligne droite (pas tout à fait droite)

Dernière ligne droite (pas tout à fait droite)

19 novembre 2018

Dans moins de 24 heures, Yoann Richomme aura normalement bouclé les 3 510 milles du parcours de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe. C’est donc le dernier coup de collier à donner pour le skipper de Veedol – AIC qui compte aujourd’hui 120 milles d’avance sur son poursuivant direct et qui, sauf avarie ou improbable coup du sort, devrait franchir en vainqueur la ligne d’arrivée dans la catégorie des Class40.

Reste que les derniers milles s’annoncent délicats pour le navigateur. « Au rythme où je vais en ce moment, je serai entre 1h et 5h (heure de Paris), à la Tête à l’Anglais. Cela veut dire que je vais devoir attaquer le contournement de l’île de nuit pour une arrivée de jour. Je risque dont d’avoir une phase de transition pas simple à gérer car la stratégie de nuit (à la côte) n’est pas la même que la stratégie de jour (par le large). Ce n’est généralement pas le genre de décision à prendre à moitié. Il y aura sûrement pas mal d’improvisation », note Yoann qui, dans l’immédiat, continue de débouler à vitesse grand V (entre 13 et 14 nœuds de moyenne). « Les bascules de vent ont l’air de bien s’enchaîner pour moi. C’est top parce que ça raccourci le chemin. C’est un peu bourrin quand même d’autant qu’il y a une grosse houle bien formée. On dévale les pentes, ça fait plaisir, on plante fort dans le creux en bas, c’est nettement moins drôle. On entend les poissons patauger sur le pont une fois reparti, ça fait rigoler ! », détaille le vainqueur de la Solitaire du Figaro 2016 qui commence à décompter le temps. « C’est mon dernier matin en haute mer. J’attaque le rangement pour que Donatien (Carme, son préparateur, ndlr) ne râle pas trop à l’arrivée. Ma chambre n’est pas très propre, comme d’hab, mais pour une fois j’ai l’excuse de manquer de produits ménagers », s’amuse Yoann Richomme.

A moins de 500 milles du but

A moins de 500 milles du but

18 novembre 2018

« 460 milles : go go go ! », se réjouit Yoann Richomme qui voit l’arrivée à Pointe-à-Pitre se préciser.

« L’alizé est bien installé. On a encore fait une bonne nuit à donf et ça a bien fait tomber le compteur de milles. J’ai hâte d’arriver en Guadeloupe et de connaitre le dénouement. Cette Route du Rhum, finalement, elle a commencé il y a un an, alors forcément, j’ai hâte qu’elle se termine et je continue de croiser les doigts pour réussir à offrir une victoire à tous ceux qui ont travaillé avec moi sur le projet », souligne le skipper de Veedol – AIC dont l’écart avec ses deux poursuivants, Phil Sharp et Aymeric Chappellier, reste stabilisé entre 105 et 110 milles.
« L’un et l’autre doivent être bien HS à se tirer la bourre comme il le font depuis des jours. Je les connais bien. Ce sont deux pit-bulls et aucun des deux ne va lâcher avant la fin. De mon côté, je les surveille du coin de l’œil mais je suis plutôt tranquille car ils se trouvent dans mon axe et je file sur un cap proche de la Guadeloupe », assure le navigateur qui continue, par ailleurs, de souffrir de la chaleur. « Cela devient étouffant dans le bateau et brulant dehors. Je ne suis pas trop à mon aise mais je fais avec. J’ai fini tous mes podcasts donc là, je recommence à zéro. Je n’en ai pas assez emporté. D’habitude, j’amène un livre ou deux, histoire de m’échapper un peu mais j’ai tout oublié à la maison avant le départ mais je me console en me disant que l’arrivée est de plus en plus proche », a terminé le leader de la Class40 de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe qui doit, de fait, commencer à sentir les odeurs de la terre.

Ça bombarde !

Ça bombarde !

17 novembre 2018

Ce samedi, alors qu’il lui reste environ 750 milles à parcourir pour rallier Pointe-à-Pitre et qu’il occupe toujours les commandes de la flotte des Class40 de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe avec plus de 100 milles d’avance sur ses concurrents directs, Yoann Richomme déboule pied au plancher, lancé à près de 15 nœuds de moyenne.

« En ce moment, je suis vraiment au max du grand spi. Ça bombarde fort. Je reste en veille pour ne rien casser mais ça sent le changement pour un spi plus petit », explique le skipper de Veedol – AIC, avouant par ailleurs être confronté à quelques petits soucis techniques ayant pour conséquence de rallonger ses temps de manœuvre. « A part ça, tout va bien. On est, aujourd’hui, sur une ETA à la Tête à l’Anglais – à moins qu’on l’appelle la Tête à Thomson maintenant ? – mardi à 13 heures (heure de Paris) », lance Yoann, décidément en forme, même si sa journée d’hier ne l’a pas forcément emballé. « J’ai un peu attendu le retour du vent toute la journée. En vain. Dans la soirée, juste avant le coucher de soleil, je me suis donc décidé à envoyer mon grand spi pour la première fois. A ce moment-là, évidemment le vent est monté et il est resté fort toute la nuit, heureusement dans une direction très correcte. Le positif, c’est que ce matin, cela m’a permis de faire du plein ouest pendant que mes poursuivants tiraient des bords », détaille le navigateur qui a donc perdu quelques milles avant de les regagner, et qui affiche ainsi aujourd’hui, globalement la même avance qu’hier. « J’essaie de reprendre un petit coussin d’avance sans prendre trop de risques, même si j’ai bien conscience que les deux sont un peu antinomiques ! », avance Yoann, un brin malicieux.

Trouver le bon angle

Trouver le bon angle

16 novembre 2018

Alors qu’il s’apprête à passer sous la barre symbolique des 1000 milles restant à parcourir ce vendredi, Yoann Richomme affiche de nouveau plus d’une centaine de milles d’avance sur son poursuivant le plus proche.

« La nuit dernière a été tranquille puisque ça a été du tout droit. Je me suis fait de bonnes siestes. Là, je passe une zone de vent un peu plus mou mais ça devrait revenir ce soir », a expliqué le skipper de Veedol – AIC qui, de fait, peine à afficher des vitesses à deux chiffres aujourd’hui, mais qui reste pleinement concentré sur sa trajectoire.
« Une bascule est annoncée à l’est. On se décale donc vers le nord-ouest pour avoir un bon angle d’arrivée sur la Guadeloupe. En ce qui me concerne, j’en ai encore pour 36 heures de tribord vers l’ouest avant un dernier empannage vers l’île. J’ai toujours un œil derrière, mais finalement, la stratégie est relativement cantonnée au secteur nord du plan d’eau », avance le leader de la flotte des Class40 de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe qui prend soin de rester placé entre sur poursuivants et l’arrivée afin de garder le contrôle.
« J’aimerais bien attaquer l’île avec 120 milles d’avance. Ce serait confortable », souligne Yoann qui semble plutôt bien parti pour, mais qui n’oublie pas que tant que la ligne n’est pas franchie, tout peut arriver. Et les récentes arrivées des Ultimes et des IMOCA sont là pour le lui rappeler. « Je vais regarder la carte au cas où il y ait une île sur la route », plaisante le navigateur, sidéré par la mésaventure subie par Alex Thomson (le britannique s’est échoué à quelques milles de la Tête à l’Anglais et a dû mettre le moteur pour se sortir de sa situation, ce qui risque de lui faire perdre la victoire dans sa catégorie). « Je suis en phase avec le bateau. Maintenant, on n’est pas à l’abri de faire des bêtises. J’essaie de vraiment faire gaffe. Ce matin, j’ai fait une manœuvre un peu olé-olé dans un empannage. J’ai trouvé ça assez osé. Il peut y avoir encore des problèmes même si la liste se réduit au fur et à mesure », assure Yoann, qui souffre, par ailleurs, un peu de la chaleur. « Impossible de rester dehors tant que le soleil n’est pas caché derrière les voiles. Du coup, en journée, je suis planqué à l’intérieur du bateau », explique le skipper qui, pour l’heure, se voit toujours arriver à Pointe-à-Pitre mardi matin.

Pas de prise de risques

Pas de prise de risques

15 novembre 2018

« Il n’y a pas beaucoup de nouveautés sur la route de la Guadeloupe », assure Yoann Richomme, ce jeudi, toujours propulsé par un flux d’alizé soufflant entre 18 et 22 nœuds et toujours solidement accroché à la place de leader dans la catégorie des Class40 de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, même s’il a concédé une trentaine de milles à son poursuivant le plus proche, Phil Sharp, ces dernières 24 heures.

« Il faut accepter de temps en temps d’avoir un peu de perte. Je ne prends pas de risques et quand il y a des grains, je fais le gros dos. J’ai tous mes spis, ce qui est essentiel, et je suis d’attaque », explique le skipper de Veedol – AIC dont le quotidien, à 1300 milles de l’arrivée, est avant tout rythmé par quelques grains et quelques empannages. « Je me suis laissé décaler plus sud que les autres car notre ami l’anticyclone un peu dans notre nord va descendre nous rendre visite. Du coup, je prends la porte du sud. Je ne prends pas de risque avec ces choses-là car si on se rapproche trop, cela implique moins de vent », détaille Yoann qui évolue désormais sous le 20° parallèle nord.
« Le vent finissant à l’est en approche de la Guadeloupe, il vaudra mieux arriver par le nord pour avoir un meilleur angle. Cela veut dire qu’à un moment, il va bien falloir que j’aille dans l’ouest. Je ne suis pas loin de le faire, mais on attend toujours la bascule de vent miraculeuse, vous savez, celle qui ne vient jamais ! », termine le navigateur dont les dernières estimations laissent présager d’une arrivée dans la journée de mardi à Pointe-à-Pitre.

Le train-train alizéen

Le train-train alizéen

14 novembre 2018

Si ce que l’on retiendra de ce mercredi est probablement le chavirage du Multi50 de Lalou Roucayrol, la course se poursuit toujours à haute vitesse pour les leaders des autres classes. En ce qui le concerne, dans la catégorie des Class40, Yoann Richomme cavale toujours entre 11 et 13 nœuds de moyenne, propulsé par un flux de nord-est soutenu, mais aussi et surtout très instable.

« Il y a parfois un petit grain plus fort qu’un autre. Dans ce contexte, on la joue safe. Le spi reste dans sa chaussette et on attend que ça passe », relate le skipper de Veedol – AIC qui, fort d’une avance de plus de 110 milles sur son poursuivant le plus proche, peut se permettre de jouer un minimum la carte de la sécurité et ainsi éviter de connaitre quelques mésaventures comme celle rencontrée par Kito de Pavant, le skipper de Made in Midi dont le grand spi s’est ouvert en deux la nuit dernière. « C’est important de préserver le matériel et, justement, surtout le grand spi qui sera une voile essentielle pour la fin de la course. Pour le reste, tout va bien, même si je n’ai pas eu la même direction de vent que mes poursuivants ces dernières heures. Dans l’immédiat, c’est un peu difficile de faire de l’ouest pour moi mais j’attends une bonne opportunité pour y retourner », explique Yoann qui a remis du sud dans sa route depuis le milieu de nuit dernière.
« C’est le train-train alizéen mais pour l’anecdote, j’ai eu un visiteur cette nuit. Un poisson volant a atterri directement à l’intérieur du bateau. J’ai cru qu’il y avait le début d’une guerre. La pauvre bête se débattait dans tous les sens. Je l’ai récupérée pour la lancer dehors mais je lui ai fait manquer la sortie et je l’ai assommée contre le roof. La pauvre petite chose a dû voir quelques étoiles ! », a terminé le navigateur.