Yoann Richomme : « Je n’ai pas le droit de me plaindre »

Yoann Richomme : « Je n’ai pas le droit de me plaindre »

Jeudi 20 juin 2019

13e place de la troisième étape de la Solitaire URGO Le Figaro, qui a complètement redistribué les cartes, Yoann Richomme est passé par tous les états, mais se réjouit de conserver son leadership au classement général, avec 1 heure et 26 minutes d’avance sur son dauphin, Gildas Mahé (Breizh Cola-Equi’Thé).

« Je suis passé par tous les états »
La troisième étape de la 50e édition de la Solitaire URGO Le Figaro proposait un parcours compliqué, lors duquel les concurrents devaient affronter d’importants courants. Le premier test fut l’approche de l’île d’Aurigny, avec l’un des courants les plus forts d’Europe. Si les trois premiers de la flotte sont parvenus le franchir sans trop de difficultés, Yoann Richomme a dû les regarder s’échapper, impuissant : « Forcément, je suis passé par tous les états parce que louper le passage à 200 mètres, c’était délicat ». Mais pas le temps de cogiter pour le skipper de HelloWork – Groupe Télégramme, qui a tout tenté pour trouver une solution : « Un peu à droite, un peu plus à droite, encore plus à droite, dans les cailloux, pas dans les cailloux, dans les bouillons, pas dans les bouillons … c’était long ». Beaucoup d’énergie dépensée et quelques temps plus tard « Ça a duré au-moins 3 heures ! », Yoann Richomme parvient enfin à dépasser Sainte-Anne. S’ensuivent alors le passage du DST des Casquets, la marque de Hand Deeps puis la descente vers Ouessant. « Potentiellement, avec le rythme que nous tenions à ce moment, on voyait un autre passage à niveau se profiler à Ouessant. Finalement ce n’en était pas vraiment un. Ensuite il a fallu aller jouer dans les cailloux, donc ce n’était pas le moment de dormir. Ca a été difficile de se reposer. J’étais très fatigué à la fin, j’ai mal navigué, je me suis même endormi ». Après avoir coupé la ligne d’arrivée en 13e position, il va maintenant pouvoir profiter de trois jours à terre pour optimiser sa récupération et relativise « De toute façon, c’est pareil pour tout le monde ».

« Un luxe énorme »
Malgré le fait qu’il n’ait été que spectateur de cette échappée, Yoann Richomme a cependant livré une belle course, se positionnant dans le peloton suiveur. Il réalise ainsi une jolie opération : « Malgré la difficulté de cette étape et le goût amer qu’elle a, je fais une opération qui reste correcte ». Car après 3 jours 4 heures 5 minutes et 54 secondes de course, la confortable avance dont il disposait après les deux premières étapes à certes diminué, mais il bénéficie toujours de 1 heure et 26 minutes sur son dauphin, Gildas Mahé (Breizh Colas-Equi’Thé) : « J’ai encore du temps d’avance donc je n’ai pas le droit de me plaindre. C’est un luxe énorme d’avoir plus d’une heure d’avance pour partir sur la dernière étape ». D’autant que le skipper s’est prouvé qu’en naviguant bien, il pouvait être devant : « Au départ j’étais un peu en arrière et j’ai cravaché toute la nuit, j’arrive 3e ou 4e à Aurigny. Je voyais que j’avais encore du potentiel, donc j’étais plutôt satisfait de ma navigation ».

De quoi le mettre en confiance pour l’ultime étape de la Solitaire URGO Le Figaro 2019, qui partira samedi de Roscoff pour rejoindre Dieppe : « Je naviguerai comme j’ai navigué là, proprement, je pense que j’ai de bonnes sensations, il faut espérer que ça tienne ! ».

Solitaire Urgo Le Figaro – Etape 3 : « Une étape qui me paraît compliquée »

Solitaire Urgo Le Figaro – Etape 3 : « Une étape qui me paraît compliquée »

Dimanche 16 juin 2019

Auteur d’un très bon début de Solitaire URGO Le Figaro, Yoann Richomme, vainqueur de la première étape et deuxième à Roscoff, se méfie du parcours proposé sur le troisième acte. Une boucle de 450 milles au départ et à l’arrivée de la Baie de Morlaix.

« Des incertitudes »
Beaucoup de parcours côtier, deux traversées de la Manche, peu de vent et de forts courants, voilà ce qui attend les 46 solitaires sur cette troisème étape. Un parcours intéressant, mais qui pourra également faire des dégâts. « C’est une étape qui me paraît compliquée, dans du petit temps et qui nous fait aller dans des endroits ‘piégeux’, renfermés, comme la baie de Granville. D’autant que nous avons pas mal d’incertitudes quant à la météo et au tracé » confie le skipper de HelloWork – Groupe Télégramme. En effet, si la direction de course peut être amenée à modifier le parcours en fonction de l’avancée de la flotte, les courants, eux, n’attendront pas. Il faudra donc être au bon endroit au bon moment pour les avoir dans le bons sens et non dans le nez. « Potentiellement, c’est une étape qui peut encore avoir de gros écarts de temps à l’arrivée ». L’adaptation sera donc le maître-mot de ce parcours

« Plein de petits détails à soigner »
Malgré l’avance confortable dont dispose Yoann Richomme sur ses concurrents à mi-parcours, il préfère ne pas y penser : « Je ne m’occupe pas vraiment de ma position actuelle. Je vais faire mon étape et on verra après ». Et si elle ne semble pas offrir d’options monumentales, la lucidité sera de mise afin de sortir son épingle du jeu : « Il y aura plein de petits détails à soigner, comme les timings en fonction des arrivées autour des îles, la gestion des courants, etc. Ça va être compliqué ».
A ces difficultés, il faut ajouter le fait que la troisième étape est toujours la plus compliquée selon les dires des skippers. Déjà courbatus par les deux premières, ils doivent encore gérer au mieux leur fatigue afin de se préserver pour la quatrième et dernières étape qui partira en fin de semaine prochaine.

Mais le skipper de HelloWork – Groupe Télégramme garde toujours son optimisme : « Je vais essayer de me faire plaisir, je ne vais pas me prendre la tête. Je n’ai pas envie de naviguer en étant stressé par le classement général ».